Milhac d'Auberoche
Commune de Bassillac et Auberoche

Si Milhac m'était conté...

Le nom de Milhac provient du nom propre Emilius, suivi du suffixe - acum . La première mention historique apparaît dès le IXe siècle, sous la forme Miliacus, qui prend un second « l » en 956. On relève ensuite Milhacum au XIIIe siècle. L’orthographe actuelle est élue dès le XVIIe siècle, avant de cohabiter avec la forme Millac au XIXe siècle. C’est également à cette période qu’on lui adjoint le nom d’Auberoche, issu d’alba Rocha.

Milhac d'Auberoche est une localité d'origine très ancienne. Située sur la forêt de la Barade, et bordée par les rives du Manoire, Milhac-d’Auberoche offre de nombreux avantages permettant une installation humaine précoce. Le territoire est donc occupé dès la Préhistoire, comme en attestent les nombreux silex taillés retrouvés sur place.
Une voie romaine, probablement du réseau d'Agrippa, passait par notre localité. Il est probable qu'en ce temps il y avait là un relais (mutatio), car c'est alors la seule localité notable que traverse la voie sur ce vaste plateau. Sur ses abords existe un puit très ancien, construit pour la nécessité d'abreuver les chevaux.

Le temps des châteaux forts

Le nom du village apparaît en 856, avec la construction de sa première église.
Villa quae dicitum Millacus in centena Albacense (du Bugue), ecclenam meam qui est in honore sancte Radegundis constructa.
La première église de Milhac-d’Auberoche est dédiée à sainte Radegonde, femme du roi mérovingien Clotaire Ier (497-561). Elle dépend alors de l’archiprêtre du Bugue.
On accède à l’église par un clocher-mur barlong, reconstruit après avoir brûlé au cours des guerres de Religion. Extrêmement austère, il est ouvert par une porte en plein cintre de très petites dimensions, surmontée d’un oculus simple. Sa partie haute est percée de deux baies rectangulaires. La nef unique est flanquée de contreforts plats et une porte en arc brisé est aménagée dans son mur sud. Cette nef aboutit sur un chevet plat, éclairé par une baie unique, et sur lequel vient se greffer une petite sacristie de plan carré.
Au XIVe siècle, la commune appartient à la châtellenie d'Auberoche, dont le château était situé au Change.
Elle pratiquait des échanges commerciales avec la bastide de Bonneval, qui appartenait aux vicomtes de Limoges.
Plusieurs bourgeois influents du Puy Saint-Front possédaient des biens fonciers assis dans les paroisses alentour dont à Milhac.
La vie économique de cette cellule villageoise s'organisa grâce à un réseau stellé de chemins publics qui irradiaient les campagnes environnantes. Un important chemin public venant de Périgueux aboutissait à la bastide de Bonneval.
Aux XVIIe et XVIIIe siècles, une voie parallèle appelée « grand chemin royal » longeait la ligne de crête et courait à travers bois, passant à quelques centaines de mètres au-dessus de Bonneval. Elle reliait également Périgueux à Sarlat, après une seule étape dans la châtellenie d'Auberoche (Milhac).
Une seconde église est édifiée au XIVe siècle. Elle est curieusement construite en pleine période de troubles, au cours de la guerre de Cent Ans, alors que cette catégorie de monument est souvent la cible de pillages et de destructions diverses. Elle dépend de la collégiale limousine Saint-Martial, puis de celle du Dorat, toutes deux situées en Haute-Vienne. Cette église porte à présent le vocable de saint Marc, apôtre et évangéliste.
Cependant, éprouvant le besoin de se protéger derrière de puissants murs, les populations édifient de nombreux châteaux et maisons fortes. Milhac-d’Auberoche n’échappe pas à la règle, ainsi le château de la Baisse ou de la Basse est construit au XVe siècle.

Le château de la Besse

Ce château possède une tour à mâchicoulis du XVe siècle, surmontée d’un toit circulaire pointu. D’autre part, le corps de logis de plan rectangulaire est élevé sur deux niveaux. Son toit à quatre pans est très élevé et est percé de plusieurs fenêtres dites en chiens-assis.
Par ailleurs, en 1980, un trésor monétaire est découvert au pied de la tour. Il est constitué d’environ soixante pièces datant des XVIIe et XVIIIe siècles.

Rattachements administratifs

Dès 1790, la commune de Milhac d’Auberoche a été rattachée au canton de Saint Pierre de Chignac qui dépendait du district de Périgueux jusqu’en 1795, date de suppression des districts. En 1801, le canton est rattaché à l’arrondissement à l’arrondissement de Périgueux.

Le premier empire

Au printemps de 1808 la guerre d’Espagne va faire sentir plus directement encore au département de la Dordogne, traversé par les troupes qui déferlent vers la péninsule Ibérique, le poids des opérations militaires. La population réserve un accueil cordial aux soldats bien que les propriétaires soient frappés de lourdes réquisitions, les archives de la commune relatent celles-ci.
Elle était aussi un gîte d'étapes sous le 1er empire, avec une auberge, une forge, un relais postal et des points d’eau. Des documents conservés à la mairie indique une proclamation du préfet de la Dordogne, baron de l'empire, invitant la municipalité à accueillir dignement les troupes allant en Espagne. Au sud, sur la hauteur existe une maison assez vaste appelée « les casernes » (la gendarmerie).

Le second empire

En 1860, est mise en service la ligne de chemin de fer par la Compagnie du chemin de fer de Paris Orléans. Celle-ci apportera de gros bouleversements dans la vie des milhacois. Concurrencés par le chemin de fer, dont le réseau s'étend rapidement sous le Second Empire  et dont la vitesse surpasse celle de la malle poste – les relais de poste voient leur fréquentation baisser inexorablement. Ils ferment officiellement en France en 1873.

L'école

En 1902, l'école de Milhac d'Auberoche devient laïque.

Les révoltes paysannes

On appelle jacqueries des croquants diverses révoltes populaires du Sud-Ouest de la France aux XVIIe et XVIIIe siècles. Les principales causes de ces révoltes ont été d'ordre fiscal.
En 1899, Eugène Le Roy, s'en inspirant publie  « Jacquou le croquant », qui raconte la révolte d’un petit paysan contre les injustices sociales de son temps, depuis la Restauration jusqu’à la fin du XIXe siècle. Le nom de Milhac est d’ailleurs cité à plusieurs reprises dans l’œuvre.


Les guerres

Le monument aux morts de Milhac-d’Auberoche est remarquable pour la présence du coq finement sculpté placé à son sommet, symbole du patriotisme français.
Ce monument aux morts se dresse à proximité de l’église. Il est édifié au sortir de la Première Guerre mondiale, qui fait un grand nombre de victimes dans tout le pays. Après la Seconde Guerre mondiale, une petite plaque en marbre lui est adjointe pour commémorer les soldats morts au cours de ce conflit.
Il se présente sous la forme très traditionnelle d’un obélisque, établi sur un socle parallélépipédique orné de moulures et de couronnes mortuaires. Ses deux faces latérales portent les noms des 35 victimes des deux guerres. Ce chiffre, ramené à la population communale de l’époque, est considérable. Sur sa façade, une grande plaque de marbre clair est gravée de ces mots : « 1914-1918, Aux enfants de Milhac d’Auberoche morts pour la France ».
Les archives de la commune recense les réfugiés venus du Bas-rhin accueillis à Milhac, ils avaient été évacués des zones frontalières comprises entre la ligne Maginot et l’Allemagne en 1940.
La place du 19-Mars-1962, cette date correspond au cessez le feu en Algérie et commémore les morts de cette guerre qui dura plus de 7 ans.

Suzanne Lacore


Le 6 novembre 1975 à Milhac-d'Auberoche  décédait Suzanne Lacore, une femme politique socialiste  à l'âge de 100 ans. Elle est l'une des trois premières femmes à faire partie d'un gouvernement français. Suzanne Lacore a consacré toute sa vie à défendre, entre autres, les droits des femmes et des enfants. Elle a exposé ses idées socialistes dans ses discours, ses articles de presse et dans plusieurs livres.